L’électrification du marché ne signifie pas seulement des voitures entièrement électriques : les hybrides sans recharge à la prise restent la plus grande catégorie de l’UE. Image illustrative.

Les électriques et les hybrides gagnent du terrain en Europe. La Roumanie suit la même direction, mais à un autre rythme

Le marché européen des automobiles neuves s’éloigne de plus en plus vite des moteurs conventionnels. Au premier semestre 2026, les hybrides sans recharge externe ont représenté 37,3 % des immatriculations de l’Union européenne, et les modèles entièrement électriques ont atteint 20,7 %. Ensemble, l’essence et le gazole sont descendus à 29,7 %.

Les données publiées par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) décrivent un changement de structure, pas seulement un bon mois pour les électriques. Sur la même période de 2025, les automobiles essence et diesel avaient ensemble 37,8 % du marché, et les électriques 15,6 %.

La Roumanie s’inscrit dans la même direction, mais avec une combinaison différente de motorisations. Les hybrides ont une part bien plus élevée que les électriques pures, et l’évolution mensuelle reste sensible aux programmes d’incitation, aux livraisons aux flottes et aux campagnes des importateurs.

Comment se sont réparties les immatriculations de l’UE au premier semestre 2026

ACEA a dénombré 5 896 683 voitures particulières neuves immatriculées dans l’Union européenne entre janvier et juin 2026, 5,7 % de plus que sur l’intervalle similaire de 2025.

Type de propulsion Unités, janvier–juin 2026 Part dans l’UE
Hybride sans recharge externe 2 198 148 37,3 %
Électrique, batterie exclusive 1 220 890 20,7 %
Hybride rechargeable 577 735 9,8 %
Essence et diesel, cumulés 29,7 %

Les hybrides classiques, catégorie dans laquelle ACEA inclut les automobiles full-hybrid et mild-hybrid selon la déclaration nationale, restent le choix dominant. Elles n’ont pas besoin d’une prise et offrent aux constructeurs une voie pour réduire les émissions moyennes sans changer la routine de ravitaillement du conducteur.

Les voitures entièrement électriques ont toutefois eu le rythme le plus visible. Leur volume a augmenté à 1,22 million d’unités, soutenu par des avancées de 62,9 % en France et de 48 % en Allemagne. La France, l’Allemagne, le Danemark et la Belgique ont totalisé près des deux tiers de toutes les électriques immatriculées dans l’UE sur cette période.

Les hybrides rechargeables ont aussi augmenté : les 577 735 unités ont représenté 9,8 % du marché, contre 8,5 % un an plus tôt. L’Italie a rapporté une hausse de 84,3 % pour les PHEV, l’Espagne de 39 % et l’Allemagne de 17,9 %.

Les données préliminaires de juillet indiquent une accélération des électriques

L’Observatoire européen des carburants alternatifs (EAFO), administré avec le soutien de la Commission européenne, a publié pour juillet une image préliminaire. Dans les 12 États de l’UE qui avaient déjà rapporté des données complètes pour le mois, 202 597 voitures électriques ont été immatriculées, 41,8 % au-dessus de juillet 2025. Leur part a atteint 26,3 % dans le groupe de marchés analysé.

Cette valeur ne doit pas être présentée comme la part de l’ensemble de l’Union européenne. À la date de publication, les 15 autres États, dont la Roumanie, n’avaient dans la base EAFO des données actualisées que jusqu’en juin. Le chiffre reste toutefois pertinent car les 12 marchés rapportés ont tous enregistré des hausses, et l’Allemagne a atteint 78 609 automobiles électriques en un seul mois.

L’infrastructure publique de recharge dans l’UE a atteint, selon la même base, 1 157 551 points, 15,2 % de plus qu’en juillet 2025. Le réseau croît, mais plus lentement que les immatriculations électriques des marchés déjà rapportés pour juillet.

Roumanie : les hybrides dominent, et les électriques croissent à partir d’une petite base

En Roumanie, ACAROM a rapporté 64 850 voitures particulières neuves au cours des six premiers mois de 2026. Parmi elles, 37 563 étaient hybrides et 5 522 entièrement électriques. Les hybrides ont augmenté de 17,5 % par rapport au premier semestre 2025, et les électriques de 72,5 %.

APIA, qui utilise sa propre analyse des données DGPCI et une classification plus détaillée des motorisations, a calculé pour les électriques pures une hausse de 76,6 % et une part de 8,5 % au premier semestre. L’écart de pourcentage par rapport à ACAROM montre pourquoi il faut consulter la définition de chaque série statistique, et non mélanger des chiffres issus de rapports différents.

En juillet, le marché roumain a fortement reculé au niveau général. ACAROM a annoncé 11 740 voitures particulières neuves, 28,25 % de moins qu’en juillet 2025. En cumul, après sept mois, l’association a rapporté :

  • 43 757 automobiles hybrides, 8,8 % de plus que sur la période similaire de 2025 ;
  • 6 347 automobiles entièrement électriques, 70,3 % de plus ;
  • une baisse de 11 % du marché total des voitures neuves, jusqu’à 76 590 unités.

Ainsi, la Roumanie n’est pas un marché où la croissance des électriques compense encore la baisse générale. Le volume BEV avance rapidement, mais représente un peu plus de 8 % du total des immatriculations neuves des sept premiers mois. Les hybrides, en revanche, ont dépassé la moitié du marché dans la classification ACAROM.

Pourquoi l’essence et le diesel perdent du terrain

Le recul des moteurs conventionnels a plusieurs explications qui agissent en même temps. Les constructeurs doivent respecter des objectifs européens plus stricts pour les émissions moyennes des flottes, et presque chaque nouveau modèle important reçoit au moins une forme d’électrification. En parallèle, l’offre diesel se réduit dans les segments petits et compacts, où le coût des systèmes de dépollution est difficile à justifier.

Pour l’acheteur, l’étiquette « hybride » recouvre toutefois des systèmes très différents :

  • un mild-hybrid assiste le moteur thermique, mais ne peut généralement pas parcourir des distances utiles uniquement en électrique ;
  • un full-hybrid peut rouler en électrique sur de courts tronçons et ne se recharge pas à la prise ;
  • un hybride rechargeable a une batterie plus grande et doit être rechargé régulièrement pour obtenir la consommation réduite promise ;
  • un BEV utilise exclusivement l’énergie de la batterie et dépend de l’accès à la recharge.

La croissance de la catégorie hybride ne signifie donc pas que toutes les voitures incluses offrent les mêmes économies ou la même expérience d’usage.

Ce que le changement signifie pour un acheteur en Roumanie

Les statistiques de marché ne déterminent pas automatiquement quelle motorisation convient. Elles montrent toutefois dans quelle direction se déplacent l’offre, les investissements des concessionnaires et, avec le temps, le marché des automobiles d’occasion.

Pour qui ne peut pas installer une prise, un full-hybrid reste une option simple pour le trafic urbain. Un PHEV peut être efficace si la batterie est rechargée presque quotidiennement ; utilisé surtout avec la batterie déchargée, il transporte une masse supplémentaire sans le bénéfice de la marche électrique. Une voiture entièrement électrique a du sens lorsque les trajets, l’accès à la recharge et le budget correspondent, pas seulement parce que le segment croît.

Le diesel reste pertinent pour les gros kilométrages autoroutiers, le tractage ou les déplacements longs sans arrêts, mais la gamme de modèles neufs se réduit. L’essence reste accessible à l’achat dans de nombreux segments, mais sa part européenne recule à mesure que les versions mild-hybrid prennent sa place dans les catalogues.

Les données de 2026 n’indiquent pas la disparition immédiate du moteur thermique. Elles montrent que l’automobile neuve sans aucune forme d’électrification devient progressivement l’exception, et que la Roumanie suit ce changement surtout par les hybrides, non par le passage direct à la voiture entièrement électrique.

Sources