Photo : Nissan Europe. Image de presse officielle publiée pour les premiers essais routiers de la Micra électrique ; utilisation éditoriale.
La Nissan Micra équipée de la batterie de 52 kWh figure dans la base Green NCAP avec cinq étoiles et une note de durabilité de 94 %. Ce résultat officiel est excellent, mais il demande une précision essentielle : Green NCAP n'a pas physiquement testé une Micra. L'organisme a transféré l'évaluation de la Renault 5 E-Tech 150 ch Iconic Five, techniquement apparentée, conformément à sa méthode de regroupement par familles.
Cette distinction concerne aussi la valeur de 12,6 kWh/100 km reprise dans certains articles. La fiche Green NCAP de la Micra indique que la consommation déclarée n'est pas disponible, et 12,6 kWh/100 km n'est pas une mesure de l'organisme. La Renault 5 réellement testée a consommé 15 kWh/100 km lors du cycle légal WLTP et de l'essai en laboratoire par temps doux, avec des valeurs plus élevées sur autoroute et par temps froid.
Pourquoi le résultat Renault peut couvrir la Micra
Green NCAP autorise l'extension d'une note à un autre modèle lorsque les caractéristiques techniques déterminantes sont communes. Pour Nissan, la validité se limite aux Micra électriques de 52 kWh à traction, ayant les mêmes spécifications de recharge et le même principe de chauffage que la Renault 5 testée.
La configuration partagée comprend 52 kWh utiles et 55 kWh bruts, un moteur de 110 kW et 245 Nm, la récupération de chaleur, une résistance PTC et une pompe à chaleur. Green NCAP transfère également son jugement Driving Experience lorsque l'équipement est comparable et que l'ordinateur de bord est supposé mesurer la consommation avec la même précision.
Les cinq étoiles de la Micra sont donc valables, pas une analogie informelle. Il convient toutefois de parler d'une note héritée : il n'existe pas deux campagnes d'essais de laboratoire distinctes.
Ce que recouvre la note de 94 %
Par transfert, la Micra reçoit 9,1 sur 10 pour la qualité de l'air, 9,3 pour l'efficacité énergétique et 10 pour les gaz à effet de serre. Le protocole actuel va au-delà de l'absence d'émissions à l'échappement. Il examine les matières premières, la fabrication, l'approvisionnement énergétique, l'utilisation et la fin de vie.
Pour la Renault 5, Green NCAP a calculé un impact climatique total de 105,3 g de CO2 équivalent par kilomètre sur le cycle de vie, sous le seuil inférieur de son barème. Le format compact, la batterie de capacité modérée, la production européenne et l'efficience ont favorisé ce résultat. Pour l'air, l'usure des pneus n'a reçu que 2,9 points sur six, tandis que les freins ont obtenu 5,1 grâce au recours important à la régénération.
Il ne s'agit pas d'étoiles de sécurité. La protection en cas de choc et les aides à la conduite sont évaluées séparément par Euro NCAP. Green NCAP présente aussi consommation, autonomie, hiver et recharge dans une rubrique pratique distincte du pourcentage principal.
La consommation mesurée n'est pas de 12,6 kWh/100 km
La Renault 5 a consommé 15 kWh/100 km lors du WLTP légal et de l'essai Green NCAP par temps doux. Le cycle autoroutier a porté la demande à 24,8 kWh/100 km. À -7 °C, un départ à froid a donné 32,3 kWh/100 km, contre 23,3 une fois la voiture réchauffée.
Les estimations d'utilisation réelle par temps doux sont de 13,4 kWh/100 km en ville, 15,8 sur route, 19,5 sur autoroute et 16,1 en parcours mixte. Pour un hiver froid, l'estimation mixte atteint 27,8 kWh/100 km.
La valeur de 12,6 peut être approchée en divisant les 52 kWh utiles par les 416 km WLTP annoncés par Nissan. Cette opération ne produit pas une consommation officielle à la prise et ne reproduit pas le cycle réglementaire. Pertes de recharge, réserve de batterie et procédure d'homologation empêchent une simple division de remplacer une mesure.
Autonomie par temps doux et en hiver
À partir de l'essai Renault transféré à la famille Micra, Green NCAP estime par temps doux 439 km en ville, 372 km sur route, 302 km sur autoroute et 366 km en usage mixte. Par temps froid, ces valeurs tombent respectivement à 184, 254, 213 et 212 km.
La forte pénalité urbaine en hiver provient du chauffage répété de l'habitacle pendant les courts trajets. Préconditionner la voiture encore branchée peut ajouter 132 km dans le scénario urbain et 71 km en mixte par rapport à un départ non préparé. Green NCAP qualifie de « bonne » la performance hivernale et d'« adéquates » la consommation et l'autonomie, ainsi que la recharge.
L'efficacité de la recharge à domicile a été mesurée à 89 %, jusqu'à 11 kW. Cela explique pourquoi la consommation affichée par la voiture ne correspond pas à l'énergie facturée au compteur : conversion, conditionnement de la batterie et recharge entraînent des pertes.
Ce que propose la nouvelle Micra
La sixième génération européenne est exclusivement électrique. Nissan propose des batteries de 40 et 52 kWh, avec jusqu'à 317 et 416 km WLTP. La recharge rapide atteint 100 kW sur la grande batterie et les deux versions disposent du Vehicle-to-Load pour alimenter des appareils externes.
La plateforme AmpR Small est commune avec la Renault 5, mais le dessin extérieur propre à Nissan a été développé à Londres. Le constructeur annonce un empattement de 2,54 mètres, un coffre de 326 litres et jusqu'à 500 kg de capacité de remorquage. Deux écrans de 10,1 pouces et les services Google intégrés composent l'interface principale.
Pour un acheteur, le résultat Green NCAP confirme que la Micra 52 kWh appartient à une famille technique efficiente. Il ne prouve pas une consommation universelle de 12,6 kWh/100 km. Température, vitesse, parcours, préconditionnement et pertes de recharge modifient le bilan, comme le montre l'amplitude des mesures de laboratoire.



