Le regain d’intérêt pour les voitures électriques d’occasion en Roumanie ne se traduit pas par une hausse uniforme des prix. Les annonces suivies par AutoUncle affichent en août 2026 un prix médian de 22 878 €, en progression de 8,9 % sur un an. Mais leur prix moyen recule de 2,9 %, à 26 742 €. Ces montants correspondent aux prétentions des vendeurs, sans confirmer le prix finalement payé.

Autovit fait parallèlement état d’une augmentation des demandes de contact concernant les électriques : leur nombre a progressé de 40,5 % en août par rapport au même mois de 2025. Cette activité sur une plateforme renseigne sur l’intérêt commercial. Elle ne mesure ni toutes les ventes roumaines ni l’évolution de la valeur d’un véhicule précis.

Le chiffre britannique de 28 % ne décrit pas la Roumanie

À l’origine de la comparaison, Auto Express rapporte des données de Solera cap hpi sur la MINI Cooper Electric de génération 2019–2024. Sa valeur commerciale aurait augmenté de 28,3 % en six mois, pour un véhicule de trois ans et d’environ 48 300 km. Le périmètre est celui d’un modèle et d’un profil de voiture sur le marché britannique.

Il ne s’agit pas d’un indice donnant la progression de toutes les électriques d’occasion. Une valeur commerciale britannique ne correspond pas davantage au prix demandé dans une annonce roumaine. Dans les données agrégées d’AutoUncle, la sélection des modèles, leur ancienneté et leur kilométrage peuvent évoluer simultanément. Importer le pourcentage britannique effacerait ces différences de méthode.

La médiane augmente alors que la moyenne diminue

Trois observations de la série roumaine permettent de situer le mouvement :

Mois Prix médian demandé Prix moyen demandé
Août 2025 21 000 € 27 545 €
Mars 2026 20 298 € 24 110 €
Août 2026 22 878 € 26 742 €

D’un mois d’août à l’autre, la médiane gagne 1 878 €, tandis que la moyenne perd 803 €. La médiane correspond au centre d’une distribution de prix classés. La moyenne additionne tous les montants puis divise cette somme par le nombre d’observations. Une modification de la présence de voitures chères ou moins chères peut affecter différemment les deux indicateurs.

Cette possibilité statistique n’identifie pas la cause exacte de leur divergence. Le tableau publié ne décompose pas les contributions des modèles, des âges ou des kilométrages. Il ne suit pas non plus un ensemble inchangé de véhicules dont on pourrait mesurer une appréciation individuelle de 8,9 %.

Le choix du point de départ modifie également le résultat. En octobre et novembre 2025, la médiane atteignait 24 500 €. Le niveau d’août 2026 reste inférieur d’environ 6,6 % à cette référence. En revanche, il dépasse d’environ 12,7 % les 20 298 € de mars 2026. La remontée depuis mars ne signifie donc pas que les prix ont augmenté sans interruption.

Une publication d’octobre, des observations arrêtées à août

L’analyse AutoUncle est datée du 28 octobre 2026. Son tableau signale cependant septembre comme un mois partiel. Août constitue ici la dernière période complète retenue. La date de publication ne permet pas de présenter ces montants comme des prix relevés en novembre.

La méthode suit les annonces sur des sites roumains, depuis leur apparition jusqu’à leur disparition. Les voitures neuves et les exemplaires ayant au maximum 1 000 km sont exclus. La source mentionne environ 700 à 1 100 observations par mois, ce qui décrit la couverture de son système et non l’intégralité des transactions nationales.

La disparition d’une annonce n’établit pas à elle seule que la voiture a été vendue au dernier tarif affiché. L’issue de la négociation reste inconnue dans cette série. Ce manque est essentiel pour un propriétaire qui souhaite estimer un montant réellement récupérable plutôt que comparer les demandes des autres vendeurs.

Les données par modèle illustrent la diversité de l’offre. Entre septembre 2025 et août 2026, la Renault Zoe affiche une moyenne de 10 356 €, à partir de 312 observations, avec un kilométrage médian de 75 000 km. La Tesla Model 3 est à 26 129 €, pour 1 317 observations et 86 800 km de médiane. Ce sont des statistiques historiques de groupes différents, pas des annonces encore disponibles ni des véhicules de caractéristiques équivalentes.

Autovit observe davantage de contacts

Dans son communiqué du 14 septembre, Autovit annonce une hausse des demandes concernant les électriques à batterie de 40,5 % sur un an en août 2026 et de 48,6 % par rapport à juillet. Les deux taux utilisent des bases de comparaison différentes. Un contact ne certifie ni un acheteur unique ni la signature d’un contrat.

Le communiqué ne distingue pas, pour ces pourcentages, les voitures neuves des voitures d’occasion. Il indique aussi une baisse des prix moyens dans les catégories électrique, hybride et hybride rechargeable analysées, sans chiffrer chaque recul dans ce passage. Une activité de contact plus forte peut ainsi coexister avec des moyennes de prix plus faibles.

Un précédent état des lieux d’Autovit, publié le 26 mars, attribuait aux véhicules d’occasion plus de 90 % de l’intérêt pour les électriques. Cette observation concerne cette période. Elle ne constitue pas une part vérifiée pour août ou novembre. L’appliquer à la hausse ultérieure des contacts reviendrait à combiner deux photographies différentes pour produire un résultat absent des sources.

L’effet du carburant n’est pas établi par ces séries

Le rapport officiel cap hpi pour les valorisations de novembre, rédigé le 26 octobre, indique provisoirement un mouvement positif de 0,6 % pour les électriques de trois ans et d’environ 96 600 km. La période et la référence kilométrique diffèrent de celles du cas MINI. Ces pourcentages répondent à des questions distinctes et ne sont pas interchangeables.

Pour la Roumanie, les documents consultés ne quantifient pas l’effet causal des carburants sur les montants effectivement payés pour une électrique d’occasion. Examiner une offre demande encore de comparer année, batterie, kilométrage et équipement. Les sources montrent une médiane plus élevée et davantage de contacts, accompagnés d’une moyenne inférieure. Elles ne démontrent pas un renchérissement général de 28 % des électriques roumaines.

Photographie d’illustration : Dacia Spring en Allemagne, sans lien avec une annonce vérifiée de l’échantillon étudié. Trop86 / Wikimedia Commons, CC0 1.0.

Sources