Le marché britannique des voitures neuves a atteint 1 388 735 immatriculations au cours des huit premiers mois de 2026, soit 9,8 % de plus qu’à la même période en 2025. L’évolution la plus marquante concerne la répartition des motorisations : les modèles électriques à batterie, les hybrides et les hybrides rechargeables ont totalisé 735 271 unités, environ 52,95 % du marché. Ce total est calculé à partir des catégories distinctes publiées par la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT).
Cela ne signifie pas que les voitures électriques seules ont dépassé l’essence. Les BEV représentent 25,62 %, les HEV 13,99 % et les PHEV 13,34 %. L’essence reste la principale catégorie individuelle, avec 42,47 %, tandis que le diesel tombe à 4,58 %.
Trois niveaux d’électrification
Les BEV ont atteint 355 746 unités, en hausse de 28,6 %. La SMMT décrit leur part de 25,6 % comme un record pour la période. Les hybrides non rechargeables ont totalisé 194 327 voitures et les hybrides rechargeables 185 198, avec une progression de 37,9 %, la plus forte des trois catégories.
La distinction technique reste essentielle. Un BEV n’a pas de moteur thermique. Un HEV recharge sa batterie grâce aux systèmes du véhicule et ne se branche généralement pas. Un PHEV peut être branché, mais conserve un moteur à combustion. Les chiffres d’immatriculation ne décrivent donc pas le même usage quotidien pour chaque technologie.
Les immatriculations à essence ont baissé de 3,1 %, à 589 842 voitures. Le diesel a diminué de 10,5 %, à 63 622 unités. Le tableau de la SMMT utilise les termes « all petrol » et « all diesel » : il ne détaille pas toutes les configurations mild hybrid.
Le résultat d’août doit être relativisé
Le Royaume-Uni a enregistré 94 236 voitures neuves en août, une hausse de 13,7 % sur un an. C’était le neuvième mois consécutif de croissance et le meilleur mois d’août depuis l’introduction du changement semestriel des plaques. Août reste toutefois un mois de faible volume, car de nombreux acheteurs attendent la nouvelle plaque de septembre.
Les BEV ont représenté 29,8 %, avec 28 063 immatriculations et une hausse de 27,7 %. Les PHEV ont progressé de 39,8 %, à 13 707 unités, et les HEV de 26,3 %, à 11 940. L’essence a reculé à 38,3 % et le diesel a atteint 4,8 %.
La SMMT relève un effet saisonnier récurrent : la part des BEV en août était de 20,1 % en 2023, 22,6 % en 2024 et 26,5 % en 2025. Septembre donnera donc une indication plus fiable sur la demande durable.
Le poids des flottes
Les flottes ont représenté 57,2 % du marché d’août, avec 53 934 voitures. Les particuliers ont acheté 38 460 véhicules, soit 40,8 %, tandis que le secteur professionnel comptait pour 2 %. Depuis janvier, les flottes atteignent 809 511 immatriculations, soit 58,3 %, contre 546 798 pour les particuliers, soit 39,4 %.
Cette structure compte dans l’analyse de l’électrification. La fiscalité des voitures de fonction, le leasing, les cycles de renouvellement et les offres des constructeurs peuvent accélérer l’adoption dans les flottes. Pour les ménages, le prix d’achat, la recharge à domicile et les longs trajets restent des questions différentes.
Le mandat ZEV reste plus ambitieux que le marché
La part BEV de 25,6 % reste sous l’objectif headline de 33 % fixé pour 2026 par le Zero Emission Vehicle Mandate britannique. La SMMT affirme que les constructeurs investissent et accordent des remises pour soutenir la demande. L’association cite le prix et l’inquiétude liée à la recharge parmi les principaux obstacles.
Mike Hawes, directeur général de la SMMT, a parlé d’un mois d’août positif, tout en présentant septembre comme le véritable test. Il s’agit de la position de l’organisation professionnelle. Les statistiques confirment la progression, mais elles ne prouvent pas que chaque catégorie d’acheteurs peut changer au même rythme.
Une leçon pour les autres pays
Les chiffres britanniques sont intéressants pour l’Europe, mais ne peuvent pas être transposés directement en France, en Roumanie ou ailleurs. Le Royaume-Uni possède son propre mandat, sa fiscalité, ses flottes et son réseau de recharge. Les revenus des ménages, les aides et la place de l’occasion diffèrent également.
Pour l’automobiliste, le mot « électrifié » recouvre des choix différents. Un HEV peut convenir sans borne à domicile ; un PHEV nécessite des recharges régulières ; un BEV suppose une routine adaptée aux trajets. Le total de 52,95 % est un indicateur de marché, pas une recommandation universelle.



