Les systèmes ADAS combinent caméras, radars et logiciel pour suivre la route et le trafic. Image illustrative
Pourquoi les constructeurs préfèrent le niveau 2 à la conduite automatisée de niveau 3
Les constructeurs automobiles investissent de plus en plus dans des systèmes d’aide de niveau 2, même si, il y a seulement quelques années, le niveau 3 semblait l’étape suivante naturelle. La raison n’est pas que le niveau 3 soit moins capable, mais que la différence juridique et technique entre les deux niveaux le rend beaucoup plus cher et plus difficile à introduire à grande échelle.
Au niveau 2, la voiture peut contrôler simultanément la direction, l’accélération et le freinage, mais le conducteur doit surveiller en permanence le trafic. Au niveau 3, le système conduit seul dans les limites pour lesquelles il a été homologué, et l’utilisateur peut détourner le regard de la route. Il doit toutefois être prêt à reprendre le contrôle lorsque la voiture le lui demande.
C’est précisément ce transfert temporaire de responsabilité vers l’automobile qui change les coûts, les essais et la responsabilité du constructeur.
La différence entre le niveau 2 et le niveau 3
La classification SAE sépare les systèmes selon qui exécute la conduite et qui surveille l’environnement routier.
| Caractéristique | Niveau 2 | Niveau 3 |
|---|---|---|
| Direction, accélération et freinage | contrôlés simultanément par le système | contrôlés par le système dans le domaine homologué |
| Qui observe en permanence la route | le conducteur | le système, tant que la fonction est active |
| Les mains peuvent quitter le volant | parfois, si le système le permet | oui, dans les conditions homologuées |
| Le regard peut quitter la route | non | oui, temporairement |
| Qui répond de la conduite | le conducteur | le système/le constructeur dans l’intervalle actif, selon la législation |
| Reprise à la demande de la voiture | ne change pas la responsabilité du conducteur | le conducteur doit répondre à la demande de reprise |
« Level 2+ », « Level 2++ » ou « niveau 2 avancé » ne sont pas des échelons officiels dans la norme SAE J3016. Ce sont des dénominations utilisées dans l’industrie pour des systèmes qui peuvent conduire sans les mains sur le volant sur certaines routes, changer de voie ou suivre un itinéraire. Quel que soit le nombre de signes « plus », le conducteur doit rester attentif et responsable.
Pourquoi le niveau 3 coûte plus cher
Un système de niveau 2 peut utiliser des caméras, des radars, des capteurs à ultrasons et un calculateur central. Pour le niveau 3, il ne suffit pas que la voiture conduise bien en conditions normales. Elle doit détecter les défaillances, conserver le contrôle lorsqu’un composant cède et atteindre un état sûr si le conducteur ne répond pas à la demande de reprise.
Cela peut signifier des capteurs supplémentaires, un lidar, des calculateurs de secours et une redondance pour l’alimentation électrique, la direction et le freinage. Le constructeur doit démontrer que toute la chaîne fonctionne dans toutes les situations comprises dans le domaine opérationnel du système.
Le coût ne s’arrête pas aux pièces montées sur la voiture. La validation du logiciel, la cartographie des routes, l’homologation dans chaque région, les mises à jour et l’investigation des incidents ajoutent des dépenses pendant toute la durée de vie du modèle.
En revanche, un système de niveau 2 performant peut offrir une grande partie du confort demandé par les clients — maintien de voie, distance automatique et changements de voie assistés — avec moins de matériel et sans transfert de responsabilité du conducteur.
BMW et Stellantis ont réduit leurs plans pour le niveau 3
S&P Global Mobility note que BMW a décidé de ne pas conserver Personal Pilot L3 sur la version restylée de la Série 7. Le constructeur se concentre sur un système de niveau 2 plus facile à étendre à davantage de modèles.
Stellantis a suspendu le programme AutoDrive de niveau 3 en 2025. Reuters a alors relaté que la décision était liée aux coûts élevés, aux difficultés techniques et à l’incertitude sur l’intérêt des clients. Le groupe continue de développer des technologies d’aide via la société aiMotive, mais le calendrier d’un système L3 pour les clients n’est plus celui annoncé initialement.
Ces retraits ne signifient pas la disparition du niveau 3. Mercedes-Benz a homologué Drive Pilot pour une utilisation dans des conditions limitées, et plusieurs constructeurs poursuivent les essais. Ils montrent toutefois que le niveau 3 reste une fonction coûteuse, disponible sur peu de modèles et seulement dans certains pays, sur certaines routes, à certaines vitesses et dans certaines conditions météo.
S&P Global Mobility estime que l’adoption des systèmes de niveau 2 avancé progressera beaucoup plus vite que celle du niveau 3 entre 2026 et 2030. Un rapport McKinsey publié en 2025 projette que les voitures équipées de systèmes de niveau 2 pourraient représenter 52 % des ventes mondiales en 2030, tandis que le niveau 3 resterait sous 1 % en 2025 et n’atteindrait 16 % qu’en 2035.
Le problème de la reprise du contrôle
Le niveau 3 a une difficulté que les niveaux 2 et 4 traitent différemment : le conducteur peut ne pas suivre la route, mais doit revenir à la conduite lorsque le système atteint sa limite.
Si la personne lit, travaille ou regarde un écran, elle a besoin de temps pour comprendre le trafic et la position de la voiture. Le constructeur doit fixer le moment de l’avertissement, l’intervalle disponible pour réagir et la manœuvre minimale de sécurité si l’utilisateur ne répond pas.
Au niveau 2, l’exigence est plus simple : le conducteur suit en permanence la route. Au niveau 4, le véhicule doit gérer seul la situation dans la zone pour laquelle il est conçu, sans dépendre d’une reprise immédiate. Le niveau 3 reste entre ces deux modèles et combine une automatisation temporaire avec la nécessité d’un humain disponible.
Ce qu’un acheteur en Roumanie doit vérifier
Pour les voitures vendues en Roumanie, les termes du configurateur ne doivent pas être confondus avec les niveaux SAE. « Pilote automatique », « conduite semi-autonome », « hands-free » ou le nom commercial d’un pack ne confirment pas automatiquement le niveau 3.
Avant l’achat, quatre questions sont pertinentes :
- si le système exige la surveillance permanente de la route ;
- s’il fonctionne sur toutes les routes ou seulement sur des autoroutes cartographiées ;
- s’il a des limites de vitesse et de météo ;
- si la fonction est homologuée et active en Roumanie, pas seulement disponible techniquement sur la voiture.
Dans la pratique du marché local, les systèmes ADAS proposés à grande échelle sont de niveau 2 et laissent la responsabilité au conducteur. Le fait que l’automobile puisse rouler un moment sans les mains sur le volant n’autorise pas le conducteur à écrire des messages, à regarder un film ou à ignorer le trafic.
Questions fréquentes
Level 2+ est-il un niveau officiel d’autonomie ?
Non. La norme SAE définit les niveaux 0 à 5. « 2+ » et « 2++ » sont des termes commerciaux pour des systèmes plus capables, mais la responsabilité reste au conducteur.
Une voiture de niveau 2 peut-elle conduire sans les mains sur le volant ?
Oui, certains systèmes le permettent sur des routes compatibles. Le conducteur doit toutefois regarder en permanence la route et pouvoir intervenir immédiatement.
Qu’apporte de plus le niveau 3 ?
Dans les conditions approuvées, le système surveille l’environnement routier et permet au conducteur de détourner le regard de la route. À la demande de la voiture, celui-ci doit reprendre le contrôle.
Pourquoi le niveau 3 n’est-il pas disponible sur toutes les voitures chères ?
Il exige un matériel redondant, une validation étendue, des homologations locales et l’acceptation d’une responsabilité plus grande par le constructeur. La fonction reste limitée à certaines routes et conditions.
Sources
- Automotive News Europe — coûts et complexité du niveau 3
- S&P Global Mobility — pourquoi le niveau 2+ progresse plus vite que le niveau 3
- Reuters — Stellantis a suspendu le programme AutoDrive de niveau 3
- McKinsey — le marché du logiciel et de l’électronique automobile jusqu’en 2035
- SAE International — niveaux d’automatisation de la conduite



