Parmi les propriétaires de voitures électriques interrogés par HERE Technologies et SBD Automotive, 28 % envisagent une hybride pour leur prochain véhicule, contre 23 % dans l’édition 2025. Le rapport 2026 regroupe ici hybrides classiques, hybrides rechargeables et véhicules électriques à prolongateur d’autonomie. Il ne mesure donc pas uniquement un intérêt pour les PHEV, et encore moins des changements de voiture déjà réalisés.

En parallèle, 76 % des propriétaires d’électriques interrogés disent qu’ils achèteront ou loueront probablement une autre voiture à batterie. Ces réponses portent sur des intentions. Les deux pourcentages ne constituent pas les parts complémentaires d’une seule alternative exclusive, et l’étude ne vérifie pas les achats effectués ensuite par ces personnes.

Un échantillon de huit marchés, pas un sondage de toute l’Europe

L’enquête en ligne a été menée par SBD en juin et juillet 2026. Elle compte 4 058 répondants, dont 850 propriétaires d’électriques et 3 208 propriétaires d’autres véhicules. Les marchés couverts sont les États-Unis, la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Inde et l’Australie. Les participants devaient avoir acheté une voiture depuis 2017, en être le conducteur principal et décider du prochain achat.

La présence de la France dans cet échantillon ne transforme pas le résultat agrégé de 28 % en statistique française. De même, la Roumanie figure dans l’analyse distincte des infrastructures, qui couvre 30 pays européens, mais pas dans le sondage d’opinion. Les deux périmètres ne permettent pas les mêmes conclusions nationales.

L’Australie a été ajoutée en 2026. La hausse annuelle de l’intérêt pour les hybrides est de cinq points de pourcentage, mais doit être lue avec cette évolution de la couverture géographique. Elle ne prouve pas que les mêmes individus ont changé d’avis entre les deux enquêtes. Aucun suivi d’immatriculations n’est présenté pour confirmer leurs décisions ultérieures.

La satisfaction et l’inquiétude portent sur des situations différentes

Chez les propriétaires d’électriques interrogés, 68 % estiment que la recharge s’est révélée meilleure que prévu et 67 % portent le même jugement sur l’autonomie. Pourtant, 54 % déclarent avoir évité au moins un trajet par crainte de ne pas trouver de chargeur. Il s’agit d’une proportion de personnes rapportant une expérience, pas de la part des déplacements annulés.

L’analyse de HERE distingue les habitudes locales des trajets moins familiers. Un automobiliste peut apprécier une recharge régulière à domicile tout en hésitant à emprunter un itinéraire dépendant d’un réseau public inconnu. Cette lecture explique comment les réponses peuvent coexister. Elle ne démontre pas que chaque intérêt pour une hybride découle directement d’une panne ou d’un manque de bornes.

La fiabilité fait l’objet d’un autre indicateur. Un propriétaire d’électrique sur cinq dit avoir été empêché de recharger une fois par un chargeur public en panne ; 39 % indiquent que cela leur est arrivé occasionnellement ou plus souvent. Ces réponses ne constituent pas un taux de défaillance de l’ensemble des chargeurs. Elles décrivent l’expérience des usagers, sans audit technique de chaque réseau.

Ce que recouvre le mot hybride

Dans la terminologie du rapport, EV désigne un véhicule exclusivement électrique à batterie. Les hybrides sont exclus de cette définition, même s’ils utilisent eux aussi un moteur électrique. Le groupe des alternatives envisagées rassemble donc plusieurs manières de combiner énergie électrique et carburant.

Les fiches techniques du Département américain de l’Énergie distinguent l’HEV, qui récupère de l’énergie au freinage et utilise le moteur thermique sans recharge extérieure, du PHEV. Ce dernier dispose d’une batterie rechargeable sur une source externe ainsi que d’un moteur à combustion. Recharger régulièrement permet de mieux exploiter ses avantages électriques, et la consommation de carburant dépend de la distance parcourue entre deux recharges.

Un PHEV n’efface donc pas automatiquement la question de l’accès à une prise pour quelqu’un qui souhaite rouler principalement à l’électricité. Il fournit une autre possibilité pour poursuivre le trajet. Les véhicules à prolongateur d’autonomie sont également inclus dans la catégorie étudiée, mais le rapport ne décompose pas les 28 % de manière à attribuer toute cette part aux seules hybrides rechargeables.

Coût perçu et disponibilité restent déterminants

Pour l’ensemble des répondants, le rapport qualité-prix est une motivation d’achat ou de location d’une électrique à hauteur de 36 %. Les coûts d’utilisation plus faibles suivent avec 34 %, puis les bénéfices environnementaux avec 33 %. Ce sont des motivations déclarées, et non un calcul démontrant le coût total de chaque modèle pour chaque ménage.

La disponibilité limitée des stations est encore citée comme obstacle par 40 % de tous les participants, soit sept points de moins qu’en 2025. L’autonomie est mentionnée par 37 %, en baisse de six points. Ce dénominateur comprend les personnes sans électrique et diffère de celui des résultats sur les seuls propriétaires de voitures à batterie.

Le classement des réseaux est une autre composante

L’indice HERE/SBD attribue jusqu’à 25 points à chacun de quatre indicateurs : chargeurs publics par longueur de route, puissance moyenne, part d’électriques dans le parc et chargeurs par voiture électrique. Le total peut atteindre 100. Il compare la maturité des marchés, tandis que le sondage décrit des perceptions.

Une note d’infrastructure ne garantit ni la disponibilité ni le fonctionnement d’une borne à un moment précis. Pour choisir entre électrique et hybride rechargeable, l’accès sur les trajets réellement effectués reste donc une question concrète. L’enquête éclaire cette décision sans fournir une prévision vérifiée du nombre de conducteurs qui abandonneront leur électrique.

Photo : Renault Megane E-Tech electric. Crédit Renault, visuel officiel de presse à titre illustratif ; il ne représente pas des participants au sondage et n’attribue aucun résultat à ce modèle.

Sources